PORTUGAL
Les socialistes vainqueurs mais minoritaires
Sale temps pour les sociaux-démocrates en Europe! José Socrates, le Tony Blair portugais, a sauvé de justesse son poste de Premier ministre, mais il perd sa majorité absolue au Parlement de Lisbonne. Tout comme le SPD en Allemagne, le PS portugais enregistre l'un des pires résultats aux législatives, en reculant de près de 10 points (36,5% des suffrages, contre 45% en 2005).
La crise, bien sûr, mais aussi des réformes de choc forcément impopulaires et quelques affaires aux relents nauséabonds — immobilières, entre autres — lui ont coûté le soutien de plus de 500 000 électeurs. A droite, le Parti social-démocrate (PSD), principale force d'opposition, n'en profite pas vraiment. Avec 29% des voix, sa candidate, Manuela Ferreira Leite, une économiste austère et gaffeuse, n'a pas réussi à se poser en rivale crédible du socialisme néolibéral incarné par Socrates. Le désenchantement ambiant a plutôt profité aux extrêmes. Le Centre démocrate et social (CDS/PP) de l'ancien journaliste Paulo Portas, qui veut incarner le renouveau de la droite, devient la troisième force politique du pays (10,4%). Tandis que l'extrême gauche du Bloco de Esquerda frôle les 10%.
L'inspirateur du programme de Socrates, l'ex-commissaire à Bruxelles Antonio Vitorino, se console comme il peut: «Ce résultat permet au PS de chercher des alliances à droite comme à gauche.» Mais dans un Portugal éprouvé par la crise, avec une majorité relative, le second mandat de José Socrates s'annonce difficile. Pour ne rien arranger, ses relations avec le président de la République Cavaco Silva (droite), sont exécrables.
LE POINT, Paris - 2009

